Crédit privé : le contagion se répand, l'ia oubliée ?

Mohamed El-Erian, l'économiste averti, sonne l'alarme : le secteur du crédit privé pourrait être au bord d'un scénario de contagion classique. Alors que les inquiétudes grandissent face aux difficultés de remboursement et à la volatilité des marchés, une distraction inattendue pourrait masquer l'ampleur des risques.

La liquidité en crise : des retraits limités, un écho de 2008 ?

La liquidité en crise : des retraits limités, un écho de 2008 ?

Les signes sont inquiétants. Morgan Stanley et Cliffwater ont récemment réduit les retraits de fonds dans leurs véhicules de crédit privé, rejoignant une liste croissante d'institutions comme Blue Owl, Blackstone et BlackRock. Ces mesures rappellent les premiers symptômes de la crise financière de 2008, lorsque BNP Paribas suspendait les retraits sur des fonds de dette titrisée. Le phénomène, décrit par El-Erian comme un « scénario ATM », illustre une logique brutale : « Si vous ne pouvez pas vendre ce que vous voulez, vous vendez ce que vous pouvez ».

Ce qui nadie cuenta, c'est que la guerre en Ukraine et les tensions géopolitiques intensifient les pressions sur les marchés. La flambée des prix du pétrole et les inquiétudes liées à l'intelligence artificielle détournent l'attention des problèmes de liquidité dans le crédit privé. Kunal Shah, de Goldman Sachs, a même souligné que les clients du crédit privé semblaient contents que la guerre en Iran serve de « distraction » face à leur exposition à l'IA.

Mais l'IA n'est pas la seule source de préoccupations. Les tensions persistantes sur le crédit privé, combinées à un fort investissement dans l'intelligence artificielle, créent un cocktail explosif. Le Conseil Européen de la Banque Centrale (BCE) et la Réserve Fédérale américaine (Fed) s'apprêtent à intervenir pour maîtriser les anticipations inflationnistes, un défi complexe dans ce contexte d'incertitude.

La guerre en Iran et la hausse du prix du pétrole occupent une place prépondérante dans l'esprit des investisseurs, masquant potentiellement les risques liés à la disruption causée par l'intelligence artificielle. La situation est complexe, et les signaux d'alerte sont nombreux. La prudence est désormais de mise.

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