Guerre au moyen-orient : les navires de croisière bloqués, les chaînes d'approvisionnement en péril
La guerre entre les États-Unis et Israël avec l'Iran menace de paralyser le trafic maritime dans le golfe Persique, un carrefour stratégique pour les chaînes d'approvisionnement mondiales. Les géants de la logistique réagissent, suspendant les opérations et redessinant les routes.

Les géants maritimes suspendus : un choc pour le commerce international
Maersk, le deuxième plus grand armateur mondial, a pris la misure la plus drastique en suspendant l'acceptation des réservations pour les navires à destination et en provenance des Émirats arabes unis, d'Oman (à l'exception du port de Salalah), de l'Irak, du Koweït, du Qatar, du Bahreïn et des ports de Dammam et Jubail en Arabie saoudite. Cette décision, effective immédiatement, concerne également la navigation dans ces pays. Seuls les navires transportant des aliments, des médicaments et autres biens essentiels pourront exceptionnellement être pris en charge.
Cette suspension s’étend aux navires transportant des marchandises réfrigérées, dangereuses ou spéciales. De plus, Maersk a interrompu les nouvelles réservations entre l'Inde, le Pakistan, le Bangladesh et Sri Lanka et les mêmes pays du Golfe, à l'exception de Dammam et Jubail. Les navires transportant des marchandises dangereuses vers et depuis Israël ne sont plus acceptés, mais les autres expéditions vers ce pays sont maintenues. Maersk continue de gérer les navires pour la Jordanie et le Liban.
D'autres acteurs majeurs suivent la même tendance. MSC, le plus grand armateur mondial, a annoncé la suspension de toutes les réservations de fret vers le Moyen-Orient « jusqu'à nouvel ordre ». CMA CGM, basé à Marseille, a interrompu immédiatement les réservations de fret dangereux vers une vaste zone, incluant l'Irak, le Bahreïn, le Koweït et l'Arabie saoudite. L'entreprise a également imposé des surcoûts importants, notamment 2 000 dollars par conteneur de 20 pieds pour les navires traversant le canal de Suez et le golfe.
Cosco, le plus grand armateur chinois, a ordonné aux navires ayant accédé au golfe de se diriger vers des eaux plus sûres. Hapag-Lloyd et Ocean Network Express ont également suspendu temporairement l'acceptation de nouvelles réservations vers le golfe Persique. Les délais de livraison pourraient s'allonger considérablement. Le coût de ces perturbations ne cesse de grimper.
La situation est délicate. Les navires en transit sont déviés pour attendre dans des eaux plus sûres. La question est de savoir combien de temps ces perturbations dureront et quel impact elles auront sur les prix et la disponibilité des produits.
Le secteur de la logistique est en état d'alerte. La sécurité des routes maritimes est devenue une priorité absolue, au point de remettre en question les chaînes d'approvisionnement mondiales. Une chose est sûre : ces événements ont déjà des répercussions sur les prix que nous voyons déjà dans les rayons.
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