Ormuz : trump déclenche un blocus, le spectre d'une guerre énergétique plane
La tension monte à nouveau dans le golfe Persique. Hier, Donald Trump a ordonné un blocus total des eaux adjacentes au détroit d'Ormuz, une décision explosive qui risque de déstabiliser les marchés mondiaux et d'envenimer un conflit déjà au bord du gouffre. Les négociations avortées avec l'Iran ont précipité les choses, mais la véritable question est de savoir si Washington a anticipé les conséquences.
Deux navires défiés, des centaines bloqués
Alors que l'annonce tombait, deux navires tentaient de forcer le passage dans le détroit, tandis que des centaines d'autres attendaient, pris au piège de part et d'autre. Un spectacle digne d'un film de guerre, et dont les répercussions économiques sont déjà palpables. Le détroit d'Ormuz, point névralgique du commerce mondial, assure le transit d'environ 20% du pétrole mondial et 10% du gaz naturel liquéfié. Son blocage, même partiel, est une véritable bombe à retardement.

La riposte iranienne : menace et détermination
L'Iran, loin de céder, a répliqué avec une fermeté inébranlable. « Tout navire militaire qui pénétrera dans le détroit sera accueilli par une réponse énergique », a averti Téhéran. Mais la menace va plus loin : une attaque contre un port iranien entraînerait des représailles contre tous les ports de la région. Un jeu dangereux, où la moindre erreur pourrait déclencher une escalade incontrôlable.

Le pétrole s'envole, le gaz européen en alerte
Le marché pétrolier a déjà réagi avec violence. Le Brent a bondi de près de 7%, atteignant 102 dollars le baril, tandis que les contrats à terme sur le gaz européen ont grimpé de 18%. La flambée des prix est un signal d'alarme, mais aussi une illustration de la dépendance du monde au pétrole iranien. Les raffineries et les négociants se démènent pour sécuriser des approvisionnements alternatifs, mais la tâche s'annonce ardue.

Un blocus risqué, des experts sceptiques
Les détails de la mise en œuvre de ce blocus restent flous. Combien de navires américains seront déployés ? Comment garantir la sécurité des voies de navigation ? Nouriel Roubini, économiste réputé, a mis en garde : « Un blocus en soi est un jeu que l'Iran finira par gagner, car ils peuvent supporter pendant un certain temps. » L'expert ajoute que nous vivrons dans un monde pire avec des prix du pétrole plus élevés, des marchés boursiers en baisse et des rendements obligataires à la hausse.
Le texte diffusé aux marins précise que les navires neutres seront soumis à une inspection pour détecter d'éventuelles cargaisons illicites, et que les envois humanitaires seront autorisés sous contrôle. Mais cette nuance ne suffit pas à apaiser les inquiétudes.

Trump, prêt à la guerre ?
L'annonce de Trump, faite en réponse à l'échec des négociations, sonne comme un ultimatum. « Tout Iranien qui nous tire dessus, ou qui tire sur des navires pacifiques, sera détruit ! », a-t-il martelé. L'escalade verbale est à l'unisson d'une escalade militaire potentielle. Le président iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a ironisé sur X : « Profitez des prix actuels à la pompe. Avec le soi-disant blocus, vous finirez par regretter les prix de l'essence à 4 ou 5 dollars. » Une ironie amère qui résume la situation : l'Europe et les États-Unis vont payer le prix fort de cette confrontation.
