Powell : l'incertitude règne à la fed face à la guerre du golfe
Jerome Powell a dépeint une situation économique américaine plus incertaine que jamais lors de sa récente réunion de la Réserve fédérale. Le choc énergétique provoqué par le conflit au Moyen-Orient, avec des prix du pétrole et de l'essence aux sommets de 2022, a contraint le taux directeur à être maintenu, mais sans certitude quant aux prochains mouvements.

La fed freine ses prévisions, l'inflation persiste
Après avoir maintenu les taux entre 3,5% et 3,75%, le président de la Fed a reconnu que le tableau de bord économique est en mutation rapide, influencé par le prix du pétrole, les droits de douane et une inflation tenace. « Personne ne sait ce qui va arriver maintenant », a-t-il souligné, admettant que l'impact économique du conflit pourrait être plus important ou plus faible que prévu.
Cette reconnaissance d'incertitude se traduit par un recul du sentiment interne des membres du comité. Powell a souligné une divergence croissante : « Il y a 19 personnes, 19 raisons, 19 contributions individuelles ». De nombreux membres ont réduit leurs prévisions de baisses de taux d'intérêt prévues, passant de deux à une.
Le diagnostic de la Fed n'est pas celui d'un blocage, mais plutôt celui d'un progrès insuffisant. « Nous prévoyons de continuer à progresser dans la réduction de l'inflation, mais pas autant que nous l'espérions », a-t-il précisé. Le coût élevé de l'énergie est identifié comme le principal risque. « Si nous avons une période prolongée de prix de l'essence beaucoup plus élevés, cela va peser sur la consommation… »
Powell a même qualifié le rapport SEP (Summary of Economic Projections) de « candidat idéal » pour être abandonné, soulignant la difficulté croissante de prévoir l'inflation, le PIB, les taux d'intérêt et le marché du travail. Il insiste sur le fait que l'inflation sous-jacente ne montre pas les signes de ralentissement escomptés.
La Fed admet que son propre exercice de prévision est limité. Le choc pétrolier, par exemple, est un facteur d'incertitude majeur.
La situation est donc plus précaire que ce que certains avaient anticipé. La Fed, consciente de ses limites, semble désormais plus prudente quant à la rapidité des baisses de taux, se concentrant sur la gestion d'une inflation persistante et d'un contexte géopolitique volatile. La guerre en Moyen-Orient a recalibré les perspectives économiques, laissant planer une ombre sur la reprise mondiale.
Les prévisions de la Fed, autrefois pilier de la politique monétaire, semblent désormais plus proches d'une projection qu'une certitude. La volatilité des marchés devrait persister.
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