Retraite des indépendants : la précarité persiste, même avec la réforme
La situation des travailleurs indépendants en Espagne reste préoccupante. Malgré une légère revalorisation des pensions, la majorité peine à atteindre un niveau de vie décent à la retraite. La différence avec les salariés est abyssale.

Quelle pension minimale en 2026 pour les travailleurs indépendants ?
Le Régime Général et le régime RETA, deux piliers de la Sécurité Sociale pour les indépendants, enregistrent des pensions moyennes modestes. Après une revalorisation de 2,7% en janvier, la pension moyenne du Régime Général s'établit à 1 724,1 euros, tandis que celle du régime RETA ne dépasse pas 1 054,4 euros. Ces chiffres, bien que soulagés par la revalorisation, restent largement inférieurs à ceux des salariés.
Le nouveau système de cotisations par base réelle, entré en vigueur en 2023, vise à corriger cette situation. Il permet en théorie aux travailleurs indépendants de bénéficier d'une pension plus juste, en tenant compte de leurs revenus réels. Mais la complexité du système ne simplifie pas toujours la compréhension de l'enjeu.
La pension minimale contributive en 2026 est fixée à : 1 256,60 euros mensuels pour une personne avec un conjoint à charge, 936,20 euros pour une personne seule et 888,70 euros pour une personne sans conjoint. Ces montants, qui représentent le minimum garanti par la Sécurité Sociale, sont calculés en fonction des cotisations versées sur l'ensemble de la carrière.
Le calcul de cette pension repose sur la base de cotisation, issue des années précédentes, et un pourcentage appliqué en fonction du nombre d'années cotisées. Avec 15 ans de cotisation minimum, on accède à 50% de la base régulatrice. Ce pourcentage augmente progressivement jusqu'à 100% après plus de 36 ans et demi. Le problème, c'est que de nombreux indépendants ont cotisé sur la base minimale pendant des années, ce qui réduit considérablement le montant de leur future pension.
Depuis 2023, la base de cotisation est fixée par la Sécurité Sociale en fonction des revenus nets mensuels. Cette mesure, bien que prometteuse, ne garantit pas une pension minimale automatique. Le calcul initial est toujours nécessaire. Si la pension calculée est inférieure au minimum légal, un complément est versé pour atteindre ce seuil. Cependant, des plafonds de revenus existent pour éviter que des pensions trop basses ne soient complétées indéfiniment.
Pour prétendre à cette pension contributive, il faut avoir cotisé au moins 15 ans, dont 2 ans immédiatement avant la retraite, et avoir atteint l'âge légal, 66 ans et 10 mois en 2026, sauf si l'on a cotisé 38 ans et 3 mois, auquel cas la retraite devient possible à 65 ans. Si le nombre d'années de cotisation est insuffisant, seule la pension non contributive reste accessible. Elle s'élève à environ 628 euros mensuels en 2026, sous conditions de ressources et de résidence légale en Espagne.
La réforme des retraites, bien que présentée comme une amélioration, ne résout pas le problème fondamental de la précarité des indépendants à la retraite. La complexité du système de cotisations et le manque d'information constituent des obstacles majeurs. Le temps presse pour ceux qui planifient leur avenir.
La réalité est que beaucoup d'entrepreneurs individuels, malgré leur labeur quotidien, risquent de ne pas pouvoir assurer un niveau de vie décent à la retraite. Un paradoxe qui révèle les failles d'un système.
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