Crise ram : un fabricant australien s'empare de votre argent, et de votre mémoire

La pénurie de mémoire vive (RAM) frappe durement les consommateurs. L'histoire de Goran, un utilisateur australien, illustre une pratique déloyale qui se répand : des magasins de matériel informatique refusent de respecter la garantie sur des produits défectueux, s'emparant de l'argent des clients.

Un remplacement refusé, un crédit mystérieux

Un remplacement refusé, un crédit mystérieux

En octobre dernier, Goran avait acheté 32 Go de RAM DDR5-5600 chez Umart, un des plus grands réseaux de vente de matériel en Australie, pour 155 dollars australiens (environ 95 euros). Quelques semaines plus tard, la mémoire a commencé à présenter des erreurs. Il a retourné le kit à Umart, dans les temps de garantie, et bien qu'il y ait des stocks, la demande de remplacement a été refusée. La boutique a insisté sur le fait que le produit, désormais plus cher (entre 500 et 600 dollars australiens, soit environ 368 euros), n'était plus le même, et a proposé uniquement un remboursement.

Le problème ne s'arrête pas là. Goran a ensuite tenté de renvoyer la RAM défectueuse directement à Corsair, le fabricant, mais Umart lui a indiqué que le produit avait été envoyé au fournisseur et qu'un « crédit » avait été émis. Quel crédit ? Pour le même prix qu'avant, ou pour le prix actuel ? Il a contacté Corsair, mais sans réponse pendant trois semaines.

L'affaire a fini par attirer l'attention du canal YouTube Hardware Unboxed. Ils ont découvert que Goran n'était pas le seul victime de cette pratique. Plusieurs clients relatent des histoires similaires : des barrettes de RAM défectueuses ne sont pas remplacées, mais le prix de l'achat est remboursé, laissant la boutique avec la mémoire à neuf, qu'elle revend ensuite à profit. Une pratique qui pourrait être illégale.

Umart justifie ses agissements en invoquant la flambée des prix de la RAM, mais la législation australienne oblige les commerçants à offrir le remplacement ou le remboursement, au choix du client, en cas de défaut de fabrication. Le cœur du problème réside dans la manière dont Umart gère le remboursement. En remboursant le prix initial, la boutique se prive du bénéfice de la hausse des prix et peut revendre la RAM à un prix bien plus élevé.

La crise de la RAM continue de s'aggraver, et les abus s'intensifient. Les bots, qui représentent désormais 6 clients sur 7 dans les demandes d'achat, ne font qu'amplifier cette situation. L'enquête de Hardware Unboxed révèle que des boutiques comme Umart pourraient être en train de pratiquer une forme de fraude, transformant des articles défectueux en opportunités de profit. La situation est préoccupante et soulève des questions sur la protection des consommateurs dans un marché en pleine mutation.

Corsair a déclaré enquêter sur les faits. Mais pour Goran et les autres victimes, la perte de leur investissement initial est un coup dur, et le sentiment de tromperie est bien réel. Le marché de la RAM, déjà volatile, semble sombrer dans une logique de profit à court terme au détriment de la confiance des clients. Et les consommateurs, eux, sont laissés sur le carreau.

n