La procrastination, un signal d'alerte sur les obstacles à l'action
La procrastination est un phénomène couramment associé à la paresse ou à une faible volonté. Pourtant, la neuroscientifique Anne-Laure Le Cunff défend l'idée que cette tendance à reporter les tâches n'est pas toujours un signe de lâcheté. Elle considère qu'elle peut être un signal d'alarme indiquant l'existence d'un obstacle qui n'a pas été identifié correctement par le cerveau.

Le procrastination comme une barrière à franchir
Le psychologue Norbert Wiener, père de la cibernétique, affirmait que « nous avons modifié notre environnement à tel point que nous devons nous adapter nous-mêmes pour y survivre ». La procrastination peut être vue comme un moyen pour notre esprit de nous signaler qu'il est temps de s'adapter et de faire face à un défi.
La procrastination consiste à reporter des tâches que l'on sait devoir être réalisées, même lorsque l'on est conscient que cela pourrait générer des problèmes à plus long terme. C'est un comportement très courant qui peut apparaître au travail, pendant les études, sur des projets personnels ou lors de prises de décision importantes.
Parce qu'elle est souvent liée à une absence d'effort, de nombreuses personnes répondent par une autocritique. Elles se mettent à travailler plus dur ou se répètent sans cesse leur comportement. Selon Le Cunff, cet approche tend à aggraver la situation car elle dirige l'attention vers la culpabilité plutôt que vers la vraie cause du blocage.
L'idée clé est que la procrastination fonctionne comme un signal d'alerte. Lorsqu'une personne souhaite avancer, mais continue de reporter une tâche, le problème peut être lié à un conflit rationnel, émotionnel ou pratique qui n'a pas été résolu.
Ainsi, la neuroscientifique soutient que la procrastination ne doit pas être automatiquement interprétée comme une faiblesse de caractère ou une insuffisance de la force de volonté. Beaucoup de fois, la personne voulait agir, mais il existait une barrière qui empêchait de donner le coup d'envoi, donc ignorer cette barrière et se contenter de demander plus d'effort tend à générer la frustration sans résoudre le problème fondamental.
Le méthode pour découvrir ce qui cause le blocage
Le Cunff propose d'analyser trois types d'obstacles potentiels : la première est une barrière rationnelle, où la personne ne se convainc pas pleinement de l'importance ou du sens de la tâche qui l'attend. La deuxième option est une barrière émotionnelle, où le peur du échec, l'anxiété, l'incertitude ou même la lassitude peuvent générer une résistance et provoquer que l'on repousse continuellement une activité. Enfin, la troisième possibilité est une barrière pratique, où le problème n'est pas dans la motivation, mais dans la sensation de ne pas disposer de suffisamment de ressources, de connaissances, de temps ou de soutien pour accomplir le travail.
Comment sortir de la procrastination, selon Anne-Laure Le Cunff
La neuroscientifique explique que le premier pas n'est pas d'augmenter la pression sur soi-même, mais d'identifier ce type d'obstacle qui provoque le blocage. Une fois que la cause a été localisée, il est beaucoup plus simple d'actionner dessus. Si le problème est rationnel, il peut être nécessaire de replanter l'objectif, mais si c'est émotionnel, il convient d'aborder l'émotion qui interfère. Et si c'est pratique, la solution peut consister à acquérir des connaissances, demander de l'aide ou diviser la tâche en étapes plus simples.
