Amazon s'avance dans le commerce physique : une nouvelle stratégie séduit walmart
Le géant de l'e-commerce Amazon frappe un nouveau coup au secteur de la vente au détail physique. Le détaillant prévoit de construire une série de supermarchés de grande taille, dotés d'entrepôts automatisés par robotique, dans des emplacements jusqu'alors inconnus. Le projet, baptisé en interne « Projet Kobe », représente l'une des tentatives les plus ambitieuses d'Amazon pour réinventer le commerce de détail en magasin.
Amazon veut concurrencer walmart en investissant massivement dans l’automatisation
Ces nouveaux magasins combineront produits alimentaires et marchandises générales, avec un centre de distribution automatisé intégré à l'arrière. L'objectif ? Simplifier les achats en magasin, la collecte et la livraison depuis un même bâtiment. Amazon mise également sur l’intelligence artificielle pour déterminer le contenu de chaque magasin. Un investissement qui s'annonce coûteux.
Les plans d'Amazon pour son premier magasin Kobe, situé à Orland Park, dans l'Illinois, ont été dévoilés au début de l'année. Des documents internes révèlent également des projets d'implantation à Cherry Hill et Edison, dans le New Jersey, ainsi qu'à Oak Brook, toujours dans l'Illinois. L'entreprise envisage d'ouvrir des douzaines de ces magasins, voire plus, si les premiers prototypes confirment leur succès.
Ces supermarchés, d'une superficie d'environ 20 000 mètres carrés, rappellent les concept stores de Walmart, mais fonctionnent différemment. L’exécution, c’est-à-dire la manière dont les produits sont préparés et livrés aux clients, est au cœur de leur modèle. L'automatisation est intégrée dès la conception, avec un système de stockage robotisé AutoStore, qui utilise une grille de conteneurs et des robots pour récupérer les articles. Ce choix est motivé par la densité de stockage qu'offre cette Technologie.
Mais cette automatisation a un prix. Les coûts d'exploitation de ces magasins sont nettement plus élevés que ceux des systèmes de fulfillment existants chez Amazon. L'entreprise estime que chaque article coûte environ 12 % de plus à traiter. Les produits frais, en particulier, représentent un défi, avec des coûts de préparation pouvant atteindre 2 dollars par unité, soit 10 % de plus que les livraisons habituelles d'Amazon. Un site pilote à Orland Park nécessitera un investissement de 33 millions de dollars.
Alors qu'Amazon a dépassé Walmart en revenus annuels l'an dernier, elle ne détient que 3 % du marché américain des produits alimentaires, contre 21 % pour son concurrent. Walmart possède un avantage considérable en matière de livraison, avec une couverture du même jour atteignant 93 % des foyers. La stratégie Kobe est orchestrée par Jason Buechel, directeur des produits alimentaires d'Amazon, qui occupe également le poste de PDG de Whole Foods. Le projet, gardé secret, mobilise une cinquantaine d'employés.
L'intelligence artificielle joue un rôle central dans le projet Kobe. Des outils basés sur des modèles d'optimisation internes, baptisés Frida, vont déterminer le contenu de chaque magasin en fonction de la demande locale et des contraintes d'espace. L'objectif est de passer d'une sélection manuelle à un processus entièrement automatisé. Pourtant, les documents internes révèlent que le système n'est pas encore opérationnel. Le projet est encore en phase de développement.
Malgré l'automatisation, le travail manuel restera nécessaire, notamment pour les articles volumineux ou difficiles à classer, et pour les produits frais. La première implantation du projet Kobe devrait ouvrir fin 2027. Amazon mise sur une expérience client fluide, mais elle devra maîtriser les coûts et assurer l'efficacité de ses nouveaux magasins pour rivaliser réellement avec Walmart. Le défi est immense, et les premiers résultats seront déterminants.
