Ormuz : l'espagne ne participera pas à une nouvelle mission européenne

La ministre de la Défense, Margarita Robles, a définitivement écarté l'implication de l'Espagne dans une éventuelle mission de l'Union européenne pour garantir la liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz, actuellement bloqué par l'Iran. Cette décision intervient après les tensions exacerbées par les frappes américaines et israéliennes.

La fragate cristóbal colón, déjà déployée à chypre, ne sera pas affectée à ormuz.

La fragate cristóbal colón, déjà déployée à chypre, ne sera pas affectée à ormuz.

Dans une déclaration à El Goloso, près de Madrid, Mme Robles a rappelé le déploiement récent de la frégate « Cristóbal Colón », en coordination avec la France et d'autres alliés, en réponse à un drone iranien ayant touché une base britannique à Chypre. L'objectif affiché est une cessation immédiate des hostilités, qualifiées par la ministre de « dangereuses, illégales et génératrices de morts ».

La Haute Représentante de l'UE pour les affaires étrangères, Kaja Kallas, avait récemment évoqué la possibilité d'une mission européenne, voire d'une opération onusienne, pour maintenir l'ouverture du détroit. Elle avait également suggéré une modification du mandat de l'opération Aspides, déjà déployée dans la mer Rouge suite aux attaques houthies, afin d'étendre son champ d'action à Ormuz, une voie maritime stratégique pour le transit des hydrocarbures et des denrées alimentaires.

Mme Robles a réaffirmé l'engagement de l'Espagne dans la mission Atalanta contre la piraterie en Somalie, et a rejeté la proposition d'une intervention française, portée par le président Emmanuel Macron, pour garantir la libre circulation dans le détroit. La ministre a insisté sur la nécessité de trouver une issue diplomatique à ce conflit, en soulignant que la guerre n'a « aucun sens ».

La cifra habla por sí sola : le détroit d'Ormuz est une artère vitale pour l'économie mondiale, transportant une part significative du pétrole et du gaz naturel qui alimentent l'Europe et le reste du monde. Son blocage a des répercussions immédiates sur les prix de l'énergie et la sécurité alimentaire.

L'Espagne privilégie une approche pragmatique, axée sur la stabilité régionale et la prévention d'une escalade du conflit. La décision de ne pas participer à une nouvelle mission souligne le choix d'une politique étrangère prudente, privilégiant la diplomatie et le respect du droit international.

La situation reste fragile. La communauté internationale observe avec inquiétude les développements sur le détroit d'Ormuz, consciente des enjeux majeurs en jeu.