Le boj hésite : la pression monte pour une hausse des taux
Le conseil de la Banque du Japon (BOJ) a, une fois de plus, maintenu son taux d’intérêt de référence à 0,75 %, dans un vote serré. Cette décision, loin d’être une surprise – environ 80% des économistes l’avaient anticipée – a cependant exacerbé les tensions et alimenté les craintes d’une future hausse des taux en juin. Une fracture s’ouvre au sein du conseil, signalant une pression croissante pour normaliser la politique monétaire.
Une division palpable et des perspectives revues
La division – 6 voix pour, 3 contre – est la plus marquée depuis l’arrivée au pouvoir de Kazuo Ueda. Homin Lee, stratège de Lombard Odier, ne tarit pas d’éloges : « Cette division renforce les perspectives d’une prochaine hausse en juin et souligne que la conférence de presse du gourou Ueda sera sans aucun doute marquée par un ton prudent, voire ferme. » La probabilité d’une hausse est désormais estimée à 74% par le marché des swaps à un jour, une estimation confortée par un sondage Bloomberg News qui révèle que 57% des analystes prévoient un mouvement en juin.
L’ambition d’inflation du BOJ a également été relancée à 2,8% pour l’exercice en cours, une prévision qui dépasse les attentes initiales. Le taux de croissance économique est désormais tabellé à 0,5%, une baisse significative par rapport aux 1% initialement prévus. Cette évolution, loin d’être anodine, révèle une vision pessimiste de l’économie japonaise.

Les tensions géopolitiques et l’incertitude trump
Mais le BOJ ne se focalise pas uniquement sur ses projections internes. La situation géopolitique, notamment la guerre en Iran et les menaces de Donald Trump, pèsent lourdement sur les marchés. Ces événements ont interrompu les anticipations d’une hausse des taux, remettant en question les prévisions initiales. « Il est impératif de surveiller de près l’impact de l’évolution de la situation en Mer du Nord sur les marchés financiers et les taux de change, ainsi que sur l’activité économique et les prix au Japon », a souligné la banque centrale dans son communiqué.
La prochaine apparition du gouverneur Ueda, à 15h30 à Tokyo, sera scrutée avec attention. Les commentaires de Ueda après la conférence de presse pourraient, une fois de plus, susciter des inquiétudes quant à une politique monétaire trop accommodante. La tension est palpable, d’autant plus que des noms comme Toichiro Asada et Ayano Sato, partisans d’une approche reflationniste, rejoignent le conseil.
En fin de compte, l’avenir de la politique monétaire japonaise dépendra en grande partie de l’évolution de la situation en Mer du Nord et de la capacité du BOJ à concilier les pressions du gouvernement et sa propre stratégie. Le yen, fragilisé par ces incertitudes, pourrait subir de nouvelles fluctuations. Une chose est sûre : le BOJ doit désormais choisir : accélérer la normalisation ou céder à la pression.
